Les Morticoles - 3ème Partie, chapitre III-c (Léon Daudet) Dystopie hygiéniste écrite par Léon Daudet en 1894. Abonnez-vous pour écouter une nouvelle lecture audio par jour : http://www.youtube.com/channel/UCb86EHE49GNG1Nc-5gTi6UQ/?sub_confirmation=1 "[...] Clapier, nous bousculant, se précipitait vers la porte. On annonçait Malasvon. Sa haute stature était à peine visible, que déjà l’on entendait sa basse profonde : « Bonsoâr, mâdâme. Bonsoâr, mon châr âmi. Bonsoâr. » De tous côtés il tendait sa large main, et son épais visage, dans ses épais favoris, daignait s’éclairer d’un sourire qui dilatait son nez épaté. Dans son ombre, et masqués par sa gloire, s’avançaient Boridan, Bradilin, le stupide Cercueillet, Mouste et Tabard. Il entrait donc, le grand dispensateur de l’or, celui par qui la fortune des malades riches, qui formaient un des côtés de la haie triomphale, tombait de leurs poches dans celles des docteurs en face d’eux. Il marchait d’un pas ferme, pesant et certain, le ...
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Les Morticoles - 3ème Partie, chapitre III-b (Léon Daudet) Dystopie hygiéniste écrite par Léon Daudet en 1894. Abonnez-vous pour écouter une nouvelle lecture audio par jour : http://www.youtube.com/channel/UCb86EHE49GNG1Nc-5gTi6UQ/?sub_confirmation=1 "[...] La clientèle de Clapier était infinie. Les malades faisaient la queue, imploraient les rendez-vous quinze jours à l’avance. On ne savait pas où les mettre. Survint l’inévitable Burnone, amaigri, le teint terreux et la voix faible ; il me supplia : « Votre maître est mon dernier espoir. Je ne dors plus, je ne vis plus, je ne mange plus. Je ne vais aux cabinets que tous les trois jours, et avec quelles difficultés ! Quant à mes urines, n’en parlons pas. Elles changent de couleur comme des caméléons, tantôt mousseuses et blondes comme de la bière, tantôt noires comme de la réglisse, tantôt vertes et crasseuses, en si faible quantité qu’on les croirait d’un moineau. Et ma langue, voyez-la. » Il me sortit un petit morceau de guima...
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Les Morticoles - 3ème Partie, chapitre II-b (Léon Daudet) Dystopie hygiéniste écrite par Léon Daudet en 1894. Abonnez-vous pour écouter une nouvelle lecture audio par jour : http://www.youtube.com/channel/UCb86EHE49GNG1Nc-5gTi6UQ/?sub_confirmation=1 "[...] Quand j’entrai dans la salle d’audience, je crus qu’il s’agissait encore d’un Lèchement de pieds. Les juges étaient, au nombre de trois, en robe et toque rouge, assis derrière une longue table surexhaussée. Au-dessous d’eux, siégeaient d’autres pantins en robe et toque noire. Crudanet présidait, flanqué de deux trognes sinistres. Derrière moi s’étageait une série de bancs, pour les témoins, la presse, le public. Devant étaient les accusés, Sorniude, Bradilin et Cordre, et les plaignants, M. et Mme de Sigoin. À droite du tribunal, Méderbe ; à gauche, Foutange et Boustibras. Je retrouvais l’éternelle disposition des locaux morticoles, qui convient aux Académies, Facultés, Parlements comme à la Justice, et surtout au Mensonge. Ce...
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Les Morticoles - 3ème Partie, chapitre II-a (Léon Daudet) Dystopie hygiéniste écrite par Léon Daudet en 1894. Abonnez-vous pour écouter une nouvelle lecture audio par jour : http://www.youtube.com/channel/UCb86EHE49GNG1Nc-5gTi6UQ/?sub_confirmation=1 "[...] Bientôt l’on sonna, et j’ouvris à une élégante jeune femme, longue, mince et rousse, qui semblait intimidée. Je la conduisis au salon. Elle s’assit dans un fauteuil de velours vert d’eau, agitant son pied en signe d’impatience. De là je l’introduisis dans le cabinet de consultation. Par un hasard singulier, qui m’étonna chez un gaillard si méfiant et si précautionneux, d’un étroit corridor longeant la caverne de Sorniude, on entendait tout ce qui s’y passait, tant la cloison était mince. J’en fis mon poste d’observation. Je collai mon oreille au mur. La conversation était déjà engagée. J’avais manqué les préliminaires. Je perçus seulement : « Étendez-vous là, comme ceci… Pas le corset ; ce n’est pas la peine… Oh, la jolie tail...